Les Demoiselles du téléphone, une série forte en féminisme



Les séries espagnoles font parler d’elles. Entre Elite, qui a su conquérir le cœur des adolescents, ou La Casa de Papel, véritable phénomène mondial, les écrans télévisés se sont teintés d’accents espagnols. Las Chicas del Cable s’est alors imposé avec un scénario historique engagé. Féminisme, machisme, libération sexuelle : l’Espagne des années 20 est explorée de tous les côtés. Pourquoi faut-il craquer pour cette série TV ?

Plongée au cœur des années 20 avec Lidia Aguilar

Avant de s’attarder sur tout ce qui fait de cette série espagnole un feuilleton à dévorer sans hésitation, les plus curieux souhaiteront sans doute en savoir davantage sur la trame principale. Les Demoiselles du téléphone est la toute première série espagnole produite par Netflix. Pour ce premier essai, la plateforme s’est lancée dans une entreprise pleine d’histoire, de romances et, surtout, d’engagements.

L’histoire, en effet, suit Lidia Aguilar, une jeune femme au caractère affirmé et au passé trouble qui viendra, bien vite, empiéter sur ses espoirs de nouvelle vie indépendante. Elle rencontrera, au sein de son nouveau travail à la Compagnie des téléphones madrilène, trois autres femmes. Leur destin se lie alors pour une série pleine de rebondissements, les soucis personnels se mêlant aux réalités historiques.

Le spectateur se retrouve ainsi plongé au cœur de Madrid, juste avant le krach boursier de 1929. Le pays est en pleine reconstruction, entre les deux guerres, alors que des mouvements féministes s’immiscent dans le quotidien espagnol. C’est une immersion, alors, dans une société bien différente, aux codes encore très conservateurs. Les cinq saisons se succèdent ainsi, entre meurtres, révolution, amours fous et tragédies historiques.

Féminisme, machisme : les luttes des Demoiselles du téléphone

À l’instar des Suffragettes, au Royaume-Uni, les mouvements féministes se sont propagés dans les rues et bars espagnols. Les femmes se réunissaient, en secret, en cachette, loin des oreilles indiscrètes des maris ou des frères, qui n’auraient peut-être pas hésité à les dénoncer. Ce vent de libération, coupé court à l’arrivée au pouvoir du dictateur Franco, inspire ainsi de nombreuses intrigues des Demoiselles du téléphone.

Confronté à la réalité des années 20 espagnoles, le spectateur se voit ainsi embarquer dans une histoire où le machisme est la norme incontestée. Les hommes, dans cette société, sont les acteurs principaux, les décisionnaires. Les femmes espagnoles, alors, étaient encore dépendantes de leurs moindres opinions. Droit de travail, droit de dépenser, droit de fréquenter : elles répondaient à leur mari, sinon leur père ou leur frère. Avec les Demoiselles du Téléphone, la série donne une idée du poids que représentait cette force masculine. Le machisme, finalement, est la lutte principale des héroïnes de ce feuilleton.

Regarder les Demoiselles du téléphone, alors, c’est réaliser tous les progrès qui ont été effectués. C’est se rendre compte de la lutte contre le machisme, menée par des femmes et des alliés à la personnalité forte. Des personnes qui se sont opposées à la soumission, permettant d’ouvrir la voie aux générations futures. Ces dernières, alors, continuent encore de s’inspirer de ces combats, pour que l’égalité homme et femme soit une certitude.

Liberté sexuelle : les Demoiselles du téléphone ose tout

Les combats d’une société sont nombreux. Au cœur des années 20, les femmes étaient soumises à un nombre monstrueux de pressions. Si aujourd’hui, de nombreux pays ont avancé sur ces causes, cette lutte reste tout de même la réalité de milliards de femmes. Parmi leurs combats, se retrouve celle pour la liberté sexuelle. Liberté d’aimer qui l’on souhaite, de la manière que l’on souhaite. Ce concept, déjà difficile à accepter pour certains encore maintenant, apparaissait comme une totale lubie à l’époque.

La série les Demoiselles du téléphone met en avant toutes les pressions et la haine qui tombaient sur ces femmes trop libres. Celles qui avaient des désirs, qui expérimentaient hors mariage ou, pire encore, osaient aimer des femmes ou plusieurs hommes à la fois. Avec les femmes au centre de la série, le spectateur découvre, entre autres, l’horreur des thérapies de conversion. Il plonge dans des conflits familiaux, où les femmes sont remises à leur place par leur mari et père.

L’égalité homme/femme, un combat au quotidien

C’est, en effet, un des éléments au cœur de l’histoire de la série. Les femmes espagnoles et, plus largement, du monde entier dans ces années-là, étaient considérées comme inférieures à l’homme. L’égalité des sexes semblait être un concept fou, promu par des mouvements en marge, moqués par les hommes. Pas tous, bien sûr. Ce sont ces minorités d’alliés, travaillant avec les femmes au cœur du mouvement, qui ont permis de faire avancer les mentalités.

La série met bien en exergue ces dynamiques particulières aux années 20. Le téléspectateur découvre par exemple combien travailler était une rareté, pour les femmes de cette époque. Après la guerre, bien sûr, elles ont été amenées à occuper certains postes. Celui d’opératrice téléphonique, par exemple, était un de ceux où elles étaient autorisées à travailler. Seulement, il fallait qu’elle ait l’accord de son père ou de son mari. Surtout, il était improbable qu’une femme ait une position de pouvoir. Une invention ou une innovation venait d’une femme ? La série montre bien comment les hommes n’hésitent pas à se l’approprier.

Plus encore que cette réalité sur le manque d’égalité homme et femme, ce qui marque dans cette série est les conséquences de cette oppression. Une des héroïnes, Angeles Vidal, permet de mettre en scène ces femmes soumises, mariées à des hommes violents et coincées dans cette union. Le divorce étant impossible, ces femmes subissent des abus physiques et psychologiques au quotidien. La dépendance était totale, pour un cercle vicieux infini. Le pire étant, qu’aujourd’hui encore, certains endroits du monde condamnent les femmes à ce schéma de soumission.

Une série sur l’indépendance des femmes espagnoles

Les quatre héroïnes de la série se posent alors comme un exemple d’inspiration, un vent de fraîcheur dans cette société oppressante. Elles donnent aux spectateurs l’envie de s’impliquer, d’en apprendre davantage et d’encourager ces luttes pour l’indépendance. Le combat, bien sûr, n’est pas facile. De nombreuses femmes ont dû fuir, changer de vie, accepter de laisser la lutte aux générations futures.

Chaque épisode, malgré les problèmes et les frayeurs qui font reculer la cause, permet toutefois de dépeindre des femmes aux envies d’indépendance. Elles cherchent à se libérer de leur mari, à posséder leur propre salaire, à refuser ce qui ne leur plaît pas. L’action se passe ainsi au sein de la Compagnie des téléphones espagnole, à Madrid, mais elle s’étend bien vite dans toute la ville. Au fil des rencontres, les cercles s’agrandissent. Aux histoires d’amour, d’amitié, s’ajoute ainsi un ensemble de luttes. Le spectateur ressort instruit, inspiré, d’avoir vu l’histoire romancée des Demoiselles du téléphone.

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