Québec : une assurance vie pour les femmes enceintes

Femme enceinte

Deux jeunes entrepreneurs de Montréal, Félix et Jacomo Deschatelets, se sont alliés avec l’assureur Humania pour créer une assurance vie prenant en considération la situation des femmes enceintes. Via une plateforme en ligne lancée en août 2018, les consommatrices peuvent souscrire à l’assurance vie, nommée Emma, sans test médical ou d’urine, en seulement 30 minutes. Le fait qu’elles soient enceintes n’influence en aucun cas le processus, ni le prix. Le contrat est alors émis en seulement quelques clics à l’aide d’une signature électronique.

Un prix attractif

Emma propose une tarification abordable, avec une couverture temporaire sur 65 ans, moins chère que les assurances standards d’une dizaine d’années. Denis Preston, chargé de cours en assurance à HEC Montréal, rappelle cependant l’importance de toujours se procurer un second avis pour prendre raisonnablement une décision concernant la souscription à un contrat d’assurance vie, notamment à l’aide d’un comparateur en ligne.

En ce qui concerne les conditions particulières, Emma ne diffère pas des assurances vie classiques : le prix dépend de l’âge, de l’état de santé et des habitudes de vie. La couverture varie de 100 000 dollars à un million. Le contrat propose également un avenant de 11,24 dollars pour les enfants déjà nés, indépendamment de leur nombre et sans aucune consultation médicale. Emma ne compte pas s’arrêter là :  les deux hommes planifient de proposer sous peu une assurance vie permanente qui sera couplée à la temporaire déjà existante.

Des assurances vie trop frileuses

L’idée de créer Emma est venue au deux hommes en constatant la difficulté des québécoises enceintes à pouvoir obtenir une assurance. La plupart des assurances vie qui dominent le marché québécois refusent tout simplement ces potentielles clientes : un choix qui s’explique par la peur de problèmes de santé liés à la grossesse, comme le diabète, la prise de poids ou la dépression post-partum. Les assureurs redoutent aussi les éventuelles difficultés qui peuvent survenir lors de l’accouchement. Au grand désarroi des futures mamans, ceux qui acceptent de leur apporter une couverture ne le font uniquement qu’à prix fort.

Ce constat entre en contradiction avec la volonté des femmes enceintes, qui se retrouvent discriminées. À l’idée d’avoir un enfant, les femmes sont justement plus enclines à vouloir souscrire à une assurance vie, afin de garantir l’avenir financier de leur enfant. De plus, pour Félix Deschatelets, les rejets dont elles sont victimes leur apporte un stress conséquent. Le risque relié à la grossesse reste pourtant très marginal, selon Stéphane Rochon, le président d’Humania. L’assureur a choisi de faire confiance aux deux jeunes hommes en devenant le principal actionnaire d’Emma.

 

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*