Dortmund, une équipe doublement meurtrie

Les joueurs du BVB en état de choc

Mercredi 12 avril, l’AS Monaco a remporté 3-2 le match aller des quarts de finale de la Ligue des Champions contre Dortmund. Une victoire douce amère qui ne fait pas oublier l’attentat dont l’équipe allemande a été victime la veille.

Des circonstances difficiles pour un match douloureux

Il est en effet difficile de se réjouir du résultat alors que la veille du match, l’équipe de Dortmund a fait l’objet d’un attentat qui, heureusement, n’a fait aucun mort. Un des joueurs de l’équipe, l’espagnol Marc Bartra, figure au nombre des quelques blessés. Plus de peur que de mal, mais la peur laisse des traces et si l’UEFA a tout de même reporté le match au lendemain, l’entraîneur du Borussia Dortmund, Thomas Tuchel, ainsi que les joueurs allemands, ont déploré le fait qu’on leur laisse si peu de temps pour encaisser le choc.

Le spectacle doit continuer

Pas le temps de panser leurs blessures pour les joueurs de l’équipe allemande. Les impératifs du calendrier sont prioritaires et ils ont dû assurer le match le lendemain, moins de 24h après l’attaque dont ils ont été la cible. Professionnels jusqu’au bout des crampons et conscients des enjeux et des attentes qui pèsent sur eux, sans doute culpabilisés par leur statut de “privilégiés”, tous les joueurs sont entrés sur le terrain, malgré la porte de sortie laissée ouverte par leur coach.

C’est du moins ce que laissent penser les propos tenus par un des joueurs, Nuri Sahin, qui déclarait après le match : “Non, bien sûr, nous ne voulions pas jouer, mais nous savions que nous avions des responsabilités, nous représentons un des plus grands clubs du monde”. Il ajoute même : “Je sais que nous gagnons beaucoup d’argent, que nous sommes des privilégiés, mais nous sommes aussi des êtres humains et il y a tellement plus que le football dans ce monde…”

Un mental d’acier

Malgré le manque d’envie et malgré la peur, l’équipe de Dortmund a fait bonne figure. Après une première mi-temps entre flottements et cafouillages, les joueurs, émotionnellement éprouvés, ont repris du poil de la bête en seconde période, revenant au score, pour finir sur un résultat de 3-2 en faveur de Monaco.

Si la compétition est importante et leur tient à coeur, leurs mots d’après match sont sans équivoque et Nuri Sahin a clairement remis les choses à leur place lorsqu’il s’est exprimé : “Le football n’est vraiment rien après ce que nous avons vécu […] Je ne peux pas oublier ces visages dans le bus. Je ne les oublierai jamais.”

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*